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Lettre de nouvelles Mars 2010

 

Vie transformée en plein conflit

Jonathan McRay

La dame de l’office du tourisme de la porte de Jaffa me tend le plan en couleur de la vieille ville de Jérusalem. « L’Eglise de l’Alliance est là », me dit-elle en répondant à ma question. Son doigt indique un quartier éloigné de quelques blocs de maison. Je sors dans la rue. C’est une journée illuminée et rayonnante. Je suis reconnaissant pour chaque occasion qui m’emmène dans la vieille ville. La diversité qui circule ici est fascinante. Des Juifs, des Musulmans et des Chrétiens se pressent épaule contre épaule pour aller prier à la synagogue, à la mosquée ou à l’église. Le monde entier se promène dans ces ruelles.

Une fois que j’ai trouvé l’Eglise de l’Alliance, son pasteur principal Jack Sara m’invite dans son bureau en me souhaitant la bienvenue. Mazzem, l’autre pasteur, nous apporte du thé au thym. Jack a grandi dans ce quartier au sein d’une famille catholique romaine très traditionnelle et formelle. Il avait quinze ans lorsque la première Intifada a commencé. « J’ai participé de tout cœur à ce que les enfants faisaient », raconte-t-il. « Nous avons fait des graffitis, hissé le drapeau palestinien et distribué des tracs pour notre indépendance. Tout ce que nous faisions était illégal ; j’étais au moins sept fois en prison. Pas pour longtemps, mais en prison quand même. »

Jack a adhéré au parti communiste. Celui-ci était très aimé par la jeunesse palestinienne. Mais, dit-il, il n’avait plus le sentiment d’avoir un but dans sa vie. « C’était un cercle vicieux permanent et cela m’a amené à réfléchir à propos de ma vie. Voulais-je cela pour ma vie ? Protester, être arrêté, être tabassé par l’armée et la police secrète, puis être libéré, protester à nouveau, être arrêté et tabassé. Cette spirale infernale ne s’arrêterait donc jamais… En 1991, je suis sorti pour la dernière fois de prison – et je voulais trouver autre chose. Je devais trouver une meilleure façon d’aider mon peuple, peut-être par l’instruction et les conseils. »

« J’avais un voisin », poursuit Jack, « qui était chrétien. Sa vie m’avait toujours impressionné. Il était pasteur. Nous avions de longues discussions chez lui à la maison. Et finalement, j’ai accepté de croire. Ma vie a changé de façon drastique et très rapidement. Tous mes amis croyaient que j’étais devenu fou, parce que j’avais changé de façon si radicale. Je vois encore les liens entre la religion et la politique. J’aime mon peuple. Mais j’ai dû changer ma conception de la justice. Je travaille encore à la justice et à la miséricorde. »

Par ses relations avec le pasteur, Jack a entendu parler de Collège Biblique de Bethlehem et il y a été admis. Un de ses premiers enseignants était Salim Munayer qui l’a invité au premier voyage Musalaha à travers le désert. Mais Jack hésitait. Il portait au fond de lui une haine profonde contre le peuple juif. « Je crois que je les haïssais vraiment. Mais je n’ai pas grandi ainsi. Ma famille n’a pas cultivé la haine ; on me l’a inculquée par après. Mon père était électricien et a travaillé pour une entreprise israélienne. Il avait beaucoup d’amis juifs qui venaient nous voir à la maison et manger chez nous… avant l’Intifada. La prison et l’Intifada m’ont changé. »

« Et les interrogatoires », ajoute-t-il à voix basse. « J’en ai encore des cicatrices. Comment peux-tu gérer cela à quinze ou seize ans ? J’ai tout emmagasiné et la haine aussi. Je suis sorti de là, j’ai protesté et je ne me suis pas soucié de savoir si des balles volaient ou non. J’aurais pu réfléchir à ce qui se serait passé si j’étais mort. Mais rencontrer des personnes de l’autre camp qui réfléchissent également, cela m’a transformé. En vérité, je ne savais pas exactement ce qui m’attendait lors de ce voyage Musalaha ; je croyais qu’il n’y avait que des personnes du Collège Biblique. Je ne savais pas du tout qu’il existait des Juifs qui croient en Jésus. 

La plupart du temps, j’ai parlé avec Evan Thomas, un pasteur messianique de Netanya. Cela m’a transformé. Evan était tellement gentil. Dans le désert, nous avions peur et nous étions dans l’insécurité. Les autres éprouvaient la même chose que moi. Nous avons parlé afin de surmonter la peur. J’étais encore lié par beaucoup de choses dont je devais être libéré. Le plus important était de cultiver les relations. C’est plus que de rester simplement en contact avec Evan. J’ai prêché dans sa communauté et nous avons eu d’autres pasteurs messianiques sur notre chaire. »

L’Eglise de l’Alliance fête ses soixante ans. Encouragé par le pasteur qui habitait sa rue, Jack s’est joint à cette communauté et il a très vite accompagné les chants au synthé. Entre-temps, beaucoup de personnes qui n’habitent pas la vieille ville viennent au culte et certains membres de la communauté ont participé à des voyages Musalaha.

« Je pense que Musalaha fait un très bon travail de suite », dit Jack. « Le fait que les relations aient continué après le voyage a beaucoup contribué à ma transformation. Il y a un grand fossé entre nos peuples, mais je dois vouloir le changement. Si tu ne viens qu’une fois en visite, tu ne le vois pas. Mais si tu viens plus souvent, tu vois que dans le pays, il y a eu beaucoup de changements – souvent vers le pire. Peut-être pouvons-nous aussi contribuer à un changement positif. »

Jack Sara est membre du comité Musalaha.

 

 

Musalaha : différentes facettes

 

Travail parmi les femmes, Louise Thomsen

En période de conflit, la voix des femmes a souvent beaucoup d’influence et de force, mais dans notre société dominée par l’homme, cette voix est souvent ignorée ou mise de côté. Lors d’un conflit, les femmes ne sont pas seulement des victimes, mais elles sont aussi à l’origine des changements car elles font preuve de courage, de don de soi, de fermeté, de tolérance, de compassion, de pardon et elles ont des solutions pratiques. Musalaha offre aux femmes israéliennes et palestiniennes un forum pour se rencontrer, se réconcilier et leur apprend par un entraînement adéquat de jouer un rôle-clé de responsable pour aider à la réconciliation de leurs communautés. Des centaines de femmes palestiniennes et israéliennes se rencontrent dans des petits groupes organisés sur un plan national, régional et local.

 

Groupes nationaux

Des groupes constitués de dix femmes israéliennes et palestiniennes se réunissent pour discuter de questions difficiles et pour être formées comme responsables. Les groupes se retrouvent quatre fois par an. En ce moment, Musalaha a six groupes et chaque année, un nouveau groupe se rajoute.

 

Groupes régionaux et locaux

En Israël et dans les territoires autonomes de Palestine, des groupes de cinquante femmes se retrouvent chaque mois. Les femmes se forment dans la réconciliation et parlent des problèmes de leurs régions. Les femmes sont formées pour être capable de jouer un rôle actif dans les questions sociales en organisant des camps d’été, des journées pour handicapés, des actions pour des personnes nécessiteuses. En ce moment, Musalaha a trois groupes régionaux et cinq groupes locaux.

 

Le « troisième côté »

Ce groupe est composé de femmes qui ne sont ni Juives ni Palestiniennes, mais qui résident de façon durable dans le pays soit pour des raisons professionnelles, soit par mariage. Elles sont concernées par le conflit et ont une possibilité unique d’œuvrer comme bâtisseuses de ponts entre les deux parties. Ces femmes se retrouvent trois fois par an et se rencontrent deux fois par an avec les groupes nationaux.

 

Comité musulmano-chrétien

En 2009, nous avons étendu notre travail parmi les femmes afin de promouvoir le dialogue avec des femmes d’autres confessions pour augmenter la compréhension et bâtir des ponts entre les différentes communautés. Ce projet a pour but de rendre les femmes capables d’initier un dialogue avec l’autre parti. Un groupe composé de sept musulmanes et sept chrétiennes de Bethlehem se rencontre une fois par mois afin d’échanger et de travailler au bien de leur communauté. En 2011, nous aimerions y inclure des femmes juives.

 

Projet de développement

Les femmes commencent un nouveau projet à Bethlehem qui doit profiter à toutes les femmes désavantagées quelle que soit leur appartenance religieuse, en leur proposant un accès à la formation, un atelier sur les droits des femmes et de l’aide sociale.

 

Jeunes adultes, Nussi Khalil

Les jeunes adultes sont à un tournant de leur vie, ils prennent des décisions, fortifient leurs valeurs et apprennent à prendre position pour ce qu’ils croient. Le programme pour jeunes adultes offre une plateforme pour des relations, des échanges, le deuil et le pardon.

 

Bâtisseur de pont

L’été passé, un groupe de jeunes adultes Norvégiens, Palestiniens et Israéliens se sont retrouvés en Norvège. Cette année, ils poursuivront leur travail de réconciliation en faisant ensemble un voyage à travers le désert. Pendant la fête de la Pâque, les jeunes se pencheront plus particulièrement sur le conflit israélo-palestinien.

 

Travail de suite

Beaucoup des jeunes adultes qui cheminent depuis des années avec ce thème de la réconciliation ont approfondi la question de leur identité. Ils s’envoleront en mai pour la Chypre afin de creuser ce thème encore davantage.

 

Sound and Sand (Son et sable)

Des jeunes adultes Israéliens, Palestiniens et Américains vont vivre ensemble un temps fort : en 2010, ils camperont, feront des randonnées, apprendront ensemble. Ils parleront aussi dans des églises dans l’Etat de Washington. En 2011, ils prévoient de marcher ensemble deux semaines dans le désert du Wadi Rum en Jordanie. L’objectif : dormir sous les étoiles, apprendre à dépasser les barrières culturelles, communiquer, vivre la réconciliation, la peur et le pardon.

 

Relations publiques, Joshua Korn

En ce qui concerne les publications, nous avons un projet très intéressant. Salim Munayer écrit un livre en collaboration avec Akiva Cohen sur la théologie de la réconciliation. Il travaille en outre à la deuxième édition du livre La Bible et le Pays en collaboration avec Lisa Loden. Nous espérons que ce livre paraîtra encore cette année. Il est composé d’une série d’articles de Juifs messianiques israéliens, de Chrétiens palestiniens et de Chrétiens de l’Occident.

Nous travaillons aussi à un projet de livre qui passionne Jonathan McRay depuis quelques temps. Il a interviewé ces derniers cinq mois beaucoup d’Israéliens et de Palestiniens qui ont cheminé avec Musalaha et a ainsi collectionné une série de récits.

Pour finir, l’équipe Musalaha a travaillé ces derniers mois sur une sorte de curriculum de la réconciliation. Nous sommes au milieu de ce projet qui demande beaucoup de documentation et de travail d’écriture. Ce livre doit être un manuel d’entraînement qui servira à la formation de femmes responsables, mais qui doit aussi être utilisable par d’autres organisations qui partagent notre vision.

 

Entraînement des jeunes, Shadia Qubti

Notre travail s’étend à tout le pays. Le Seigneur nous a ouvert des portes pour former des responsables de jeunes palestiniens et israéliens. Nous aimerions les former pour qu’ils initient des changements en Galilée. Lors de leur formation, ils doivent organiser un voyage d’étude pour des jeunes ayant pour thème les liens historiques et religieux du pays. Ainsi, les jeunes doivent apprendre à s’intégrer dans leur propre société. Ils doivent également participer à un projet « médias » en réalisant un documentaire sur la vie des jeunes et qui montrent les défis et les avantages de la vie de la minorité palestino-israélienne en Israël.

Outre l’influence de la culture de la jeunesse mondialement répandue, les jeunes sont également sous l’influence de la culture palestinienne, arabe, israélienne et islamique. En conséquence, leurs vies sont marquées par les drogues, l’alcool, la nicotine, la violence et les conduites à risque. Ils sont pleins de colère, de frustration, d’amertume et de révolte. Ils sont dans un dilemme moral et éthique. Ils visent l’individualisme alors que la société et la tradition prônent le communautarisme. Les Palestiniens n’ont pas les infrastructures nécessaires pour gérer ce conflit. Comme les Palestiniens israéliens sont le lien naturel entre les deux sociétés israélienne et palestinienne, il est important qu’ils apprennent à être les ambassadeurs du changement dans leurs communautés locales, puis dans la communauté plus large.

 

Travail parmi la jeunesse, Tamara Kuttab

Les jeunes d’aujourd’hui sont les dirigeants de demain. Ils déterminent notre avenir. C’est pourquoi il est important de les former afin qu’ils aillent vers « l’autre » qui est considéré comme l’ennemi par leur communauté, et qu’ils développent des relations avec lui. Les jeunes sont une part de la société israélienne et palestinienne. Grâce aux contacts avec Musalaha, ils doivent apprendre l’importance d’agir de façon morale et éthique.

 

Voyage dans le désert

Cette année, au printemps, nous partons avec un groupe de jeunes de 13 à 15 ans dans le désert. Au programme : construire des relations, faire du chameau, des randonnées au sommet du Néguev. Nous allons étudier la vie de Joseph et discuter ensemble.

 

Entraînement en Cisjordanie

En préparant cet entraînement il y a deux ans, nous avons remarqué qu’il existait des groupes de jeunes en Cisjordanie, mais qu’il leur manquait des responsables. Afin de mieux servir ces jeunes, nous pensons qu’il est indispensable de former des jeunes dans des thèmes comme la réconciliation, la non-violence et la tolérance afin qu’ils deviennent des responsables forts et ambassadeurs du changement. En 2008 et 2009, nous avions presque soixante participants à nos cours de débutants. Ces mêmes personnes participent maintenant au cours suivant.

 

Travail parmi les jeunes en Cisjordanie

Les responsables des jeunes qui ont été formés l’an passé s’occupent d’un programme qui sensibilise les jeunes à la formation, la culture, la démocratie et les questions sociales. Cela doit les inciter à faire profiter de leurs connaissances la communauté. Dans la société palestinienne, ces thèmes ne sont pas assez traités de manière officielle. Pourtant, cela est primordial pour la formation et le développement de la société palestinienne.

 

Camp d’été

Les enfants sont les réconciliateurs de la prochaine génération. Ils peuvent apprendre ce que cela signifie de grandir dans une société sans haine qui est omniprésente dans leurs communautés. Le camp d’été permet à des enfants palestiniens et israéliens de devenir des artisans de paix dès leur plus jeune âge. Ils ont la possibilité de vivre la tolérance, la réconciliation et l’amour, en apprenant de la Bible dans un cadre neutre, amical et joyeux.

 

 

Voyages d’étude

Rapports de participants à des voyages d’étude Musalaha

 

Steve Openshaw, Bolton/Angleterre, Eglise St Pierre

Ce voyage a ouvert les yeux aux participants pour les choses merveilleuses que le Seigneur accomplit dans les territoires israéliens et palestiniens en utilisant des personnes et des organisations. Pour certains, ce voyage était aussi un voyage spirituel. Je suis sûr que ce voyage laissera des marques indélébiles.

 

Mary Pandiani, Chapel Hill Presbyterian, Washington, USA

En passant dans les rues de Bethlehem, en participant à des cultes messianiques, nous étions dans deux mondes. Grâce à Musalaha, nous avons reconnu la nécessité de créer des liens entre ces deux mondes. Des camps de réfugiés, des colonies, des gardes, la police, l’Holocauste et la Nakba – le conflit semble écrasant. Une simple réponse banalise la détresse existante. Mais au milieu de tout cela, le message de réconciliation de Christ donne de l’espoir. C’est vraiment la seule réponse possible. Musalaha permet à toutes les parties concernées d’exprimer la douleur et la souffrance : Juifs, Chrétiens, Musulmans, Palestiniens, Israéliens. En même temps, Musalaha obéit à l’ordre divin : nous devons nous réconcilier entre nous comme Christ nous a réconciliés avec Lui.

 

Sheri Blackmon, Oak Park, Californie, USA

La plupart des Américains qui visitent la Terre Sainte ne rencontrent jamais un Chrétien palestinien et manque ainsi un aspect important de ce qu’Israël a à leur offrir. Nous avons passé une semaine à faire la connaissance de Chrétiens juifs et palestiniens dans un camp d’enfants. Puis, nous avons voyagé à travers le pays pendant une semaine. C’était en partie un voyage axé sur les sites bibliques, mais les derniers jours étaient étranges : nous sommes restés à Bethlehem et avons pu profiter de l’hospitalité du Collège Biblique de Bethlehem. Plus d’une fois, nos yeux se sont ouverts lors des conférences ou des rondes. Ce qui m’a le plus impressionnée, ce sont ces longs couloirs qui marquent la frontière. Nous étions en chemin vers le bus pour Jérusalem, au même moment où les employés palestiniens revenaient de leur travail à Jérusalem. J’ai ressenti quelque chose de cette séparation permanente de leurs voisins juifs, des contrôles de sécurité et des traitements inéquitables en ce qui concerne leurs droits comme l’accès à l’eau. On peut seulement mesurer l’impact du morcellement du pays pour donner plus de place aux colons juifs et la volonté de séparer les clans ennemis, une fois qu’on l’a vu de ses propres yeux. J’ai été inspirée par le courage et la conviction des Chrétiens des deux côtés au sein de leurs difficultés quotidiennes. Ce qui m’a particulièrement étonnée, c’est que les Chrétiens américains ne voient pas les Chrétiens palestiniens et je veux faire ce que je peux pour que cela change.

 

Chuck Orrestad, Groupe CISF

Le voyage nous a donné beaucoup d’informations et nous a ouvert les yeux. La partie la plus difficile de notre programme était la partie intellectuelle, théologique (concernant le pays) et émotionnelle. Le voyage vers la Galilée à la fin du séjour était le bienvenu. Le voyage paisible nous a donné l’occasion de nous reposer et de digérer une partie de ce que nous avions entendu. Galilée donne une atmosphère de paix et de sérénité, un vrai contraste avec nos journées en ville et le programme d’étude très costaud.

 

John Nitta, Ev. Free Fullerton, Californie, USA

L’entraînement avec Musalaha était génial et bien pensé. Les étudiants ont profité du temps avec Salim et étaient encouragés d’entendre ce qu’il avait sur son cœur. Le consensus était unanime : ses conférences ont bien préparé les auditeurs à comprendre le conflit.

 

Lance Brown, Chapel Hill Presbyterian, Washington, USA

Je suis si reconnaissant pour tout ce que Musalaha a fait pour que ce voyage soit une expérience inoubliable – pour l’engagement personnel de chacun pour dénouer l’embrouillamini dans ma tête et mon cœur. J’espère que cela est plus qu’une simple expérience qui me permet de lire le journal autrement.

 

Brigitte, Service Philippe, Allemagne

Ce qui m’a profondément touchée, c’est l’histoire d’un jeune homme qui a été totalement transformé lors d’un voyage dans le désert organisé par Musalaha. Auparavant, il lançait des pierres, maintenant il reconnaît qu’une réponse paisible est plus nécessaire que la violence. Nous voyons que cela est possible à cause de la transformation opérée par la grâce de Christ.

 

Nouvelles de la famille Munayer

 

Bonjour tout le monde !

Jack (20) étudie l’arabe à Amman jusqu’à fin juin. Durant les sept mois qui séparaient son engagement chez JEM de ses études, il a pris plusieurs engagements de garde d’enfants, a postulé auprès de quatre universités en Angleterre et a été accepté. Il a passé les examens en anglais du TOEFL et du SAT (ce sont deux examens d’anglais qui montrent que le candidat a le niveau en anglais requis pour faire des études en langue anglaise). À long terme, Jack veut étudier la psychologie et la sociologie en Angleterre.

 

Daniel (18) est majeur et conduit la voiture sans que son père ou moi sommes nerveux. Dans sa catégorie d’âge, il a gagné la médaille d’or à la course des 5000 m de Jérusalem et s’est qualifié pour le championnat régional. Son frère John a également remporté la médaille d’or de sa classe. Lors du championnat régional, Daniel est arrivé 13ème – ce qui est fantastique car il ne suit pas d’entraînement.

Jusqu’en juin, Daniel a plusieurs examens. Il pense aller également à JEM. Il est très proche de la communauté et tient beaucoup à son groupe de jeunes (Néria). Il devient un jeune homme exceptionnel et devient un grand témoin de sa foi.

 

John (16) passera les examens de fin de cycle après la dixième année. Il travaille (de façon forcée) ses cours d’histoire. Il a profité du championnat avec Daniel. John est arrivé 15ème – ce qui est également remarquable. De plus, il participe au championnat national de natation.

John a une foule d’amis chrétiens qui habitent assez loin. C’est pourquoi, il est souvent sur Facebook et pendu au téléphone.

 

Sam (12) a enfin le droit d’être assis devant en voiture ! Il a attendu ce moment avec impatience… d’être sur un pied d’égalité avec ses frères. Il est en dernière année d’école primaire et en automne, il ira au collège. (Il ne peut presque plus attendre.) John sera là pour garder un œil sur lui.

Sam s’est qualifié pour quatre championnats nationaux de natation. La natation occupe une place importante dans sa vie et il souhaite vraiment grandir pour être plus fort.

 

Salim : Voyages prévus aux USA et Canada (décalages horaires au programme). Il aligne des chiffres, calcule, secoue la tête. La cause ? Les préparatifs pour les études de Jack et l’année de Daniel à l’étranger. Un peu plus vieux, un peu plus chauve, un peu plus fatigué, mais aussi un peu plus mince !

 

Et me voilà, moi Kay : toujours occupée avec les femmes du « troisième côté », Alpha 2, mon bénévolat dans des organisations de bienfaisance, chauffeur de taxi pour les enfants, écrire à Jack, le travail quotidien d’une esclave au foyer et un cours de bien-être.

 

Merci beaucoup de nous lire !

Kay Munayer

 

 

 

Lettre de nouvelles Décembre 2009

 

Musalaha : 20 ans de service fructueux, ça se fête !

A la fin de 1988, pendant que nous deux prenions part à un programme de formation de responsables locaux, Salim Munayer vint me voir en me parlant d’une vision qu’il avait reçu de la part de Dieu, disait-il. Pendant qu’il m’expliquait en gros son appel biblique pour un travail de réconciliation entre nos deux peuples, mon cœur se mit à battre de plus en plus fort. Et lorsqu’il m’a demandé de travailler avec lui à des initiatives concrètes dans ce sens, ma réponse a été immédiate : OUI ! Peu après l’œuvre de Musalaha a été crée, avec des structures simples : Salim en tant que directeur + un comité composé de juifs messianiques et d’autant de palestiniens chrétiens. Ce principe de direction équilibrée a été la caractéristique de Musalaha dès le départ, et l’est toujours.

 

Il y a 25 ans, la notion de réconciliation n’était un des thèmes principaux pour les chrétiens de ce pays. Les églises arabophones et de langue juive avaient des contacts sporadiques. Cela a changé au début de la première intifada (révolte des Palestiniens) : de jeunes soldats juifs messianiques ont été confrontés à ces troubles, de même des chrétiens palestiniens qui se voyaient régulièrement brimés et soumis à l’occupation militaires israélienne ont rejoint les insurgés. Le fossé entre les deux communautés a grandi, et l’appel du Seigneur pour l’unité de plus en plus actuel.

 

Musalaha proposa dès cette période son premier voyage dans le désert avec des jeunes adultes des 2 camps, plus tard avec des responsables chrétiens plus âgés, hommes et femmes. Nous avions quitté la sécurité et le confort de notre maison, le désert est devenu notre rude « salle de cours » où nous nous rencontrions souvent pour la première fois d’égal à égal. Ces premiers jours ont été très formateurs pour nous : nous avons appris à prier ensemble, à lire la Bible ensemble à construire de nouvelles relations. Ce furent les fondements solides pour l’œuvre multi facettes de Musalaha.

 

Ces voyages dans le désert, de 3 et 5 jours qui nous avions organisés durant les premières années nous ont permis de construire un espace de protection autour de nous. Cet espace est fondamental pour tenir ferme face aux défis  d’un tel travail, lorsque l’on parle des thèmes délicats tels que les conflits et les obstacles à la paix. Tous ceux qui ont décidé de continuer ce travail formèrent un cercle de responsables fiables avec une même vision pour œuvrer pour l’unité des communautés et la paix. Des deux côtés, il y avait dès lors  des équipes qui ont osé s’engager pour la réconciliation plutôt que de prendre part au conflit.

Cette nouvelle dynamique a conduit Musalaha à publier de la littérature, à concevoir et proposer des formations de responsables dédiés à ce travail de réconciliation. Ces efforts ont porté des fruits, même dans d’autres domaines.

 

Les responsables de jeunes des deux communautés peuvent y acquérir ensemble une formation professionnelle de haute qualité. Les camps d’été de Musalaha, ainsi que les autres activités, y compris à l’étranger font partie de ce qui se fait de mieux dans le pays. Les enfants qui ont participé à des camps, nous reviennent souvent par la suite en tant que responsables, cela constitue une bonne continuité. Le travail parmi les femmes a rapidement pris de l’ampleur, à tel point qu’il constitue aujourd’hui la partie la plus importante des activités de Musalaha. Beaucoup de femmes sont actives dans leur entourage, organisent divers évènements, elles ont une grande influence sur les enfants et les jeunes. Il existe un programme très riche proposé par des femmes musulmanes et chrétiennes. Nous espérons qu’en 2010 des femmes juives les rejoindront. Les initiatives sont nombreuses et ont une influence certaine sur les communautés respectives, ce sont là des ponts entre les peuples.

 

C’est un grand privilège de voir comment la reconnaissance du travail de Musalaha  a grandi aux yeux des chrétiens d’autres pays. Notre action avec nos succès (mais aussi nos revers), nos méthodes éprouvées dans un des contextes les plus conflictuels du monde, est devenue un exemple pour d’autres.

 

C’est pourquoi, nous invitons de temps en temps des groupes d’autre pays, pour qu’ils voient comment nous agissons. Tous ceux qui s’engagent à nos côtés pour le travail de réconciliation prennent de plus en plus conscience de la réalité de notre conflit.

 

Pour tout cela, le seul mérite en revient à Dieu : Il nous donne la force de sa grâce dans nos vies, Sa parole de vérité, cette vérité qui change nos vie et celles de nos compatriotes. Le Moyen Orient est une région instable et les communautés de la Nouvelle Alliance ici en Israël et Palestine ne sont pas épargnées par ces conflits douloureux et perpétuels.  Est-ce que Musalaha a-t-il réussi à proposer d’autres solutions que la guerre ? J’en suis persuadé, les fruits de tous ces efforts seront une base solide pour les générations à venir.

 

Evan Thomas / Président du comité de Musalaha

 

 

La réconciliation entre responsables

De Jonathan McRay

Plus de 20 collaborateurs, responsables d’assemblées israéliennes et palestiniennes se sont retrouvés avec leur famille  pour une conférence d’une semaine en Allemagne. C’est là un des moyens de Musalaha : former des responsables d’assemblées des 2 communautés, pour qu’ils soient des « réconciliateurs » dans leurs églises. Musalaha veut prendre ne compte la famille entière, parce que celle-ci constitue le cœur de la société aussi bien en Israël qu’en Palestine. Si une famille réconciliée parle de réconciliation, cela pourra provoquer des changements.

Cette conférence de responsable est le point de départ pour créer un réseau de relations. On ne parlera plus des « autres » et de « notre clan », mais de « nous tous ».

 

La conférence a eu lieu près de Langsteinbacher Höhe du 14 au 21 août 2009.  Ce centre de conférence était idéalement situé et a permis bien des activités de plein air. Chacun a pu réfléchir et exprimer ses pensées et ses sentiments. Sous le regard attentif de Eckard Maier, et à son exemple de service en toute humilité, les familles ont tissé des liens solides,

 

Tous les deux jours, la méthode théorique et la pratique de Musalaha a été proposée lors de cours, d’ateliers et d’activités pour toute la famille. Salim Munayer et le Pasteur israélien Oded Shoshani ont apporté l’enseignement et ont assuré la direction de la conférence. Il y a eu différents modules de théorie et de pratique. Dans un de ces modules il a été question, selon Ephésiens 2, de détruire des murs de séparation et de créer une nouvelle identité, ce qui a été un thème très concret pour bien des familles aux arrière plans très différents. Dans un autre module, on a parlé de la théologie de la réconciliation, qui a ses racines dans la personne de Dieu même ; comme cela est montré dans 1 Jean 4. Les participants ont aussi largement évoqué les sujets socioéconomiques et politiques qui ont une influence sur le processus de réconciliation.

 

En liaison avec le thème de l’unité, nous avons aussi eu un temps d’échange sur les obstacles à la réconciliation et les moyens d’y parvenir. Les participants ont étudié ce que Matthieu dit au sujet du pardon. Cela n’est pas si évident parce que la plupart d’entre nous sont habitués à confondre pardon avec une espèce de regret. Mais Jésus parle d’un pardon impossible à atteindre soi-même, d’un pardon qui n’érige pas le regret en préalable, mais le rend possible.

Bien des personnes ont essayé d’oublier leur douleur, et ont eu du mal a laisser ressurgir ces sentiments amères. Certains furent même surpris de constater combien leur colère cachée était grande. Un responsable palestinien a ainsi réalisé que sa douleur, profondément ancrée dans son cœur avait pour origine la destruction de son village et les dommages causées à son peuple. Les Israéliens et les Palestiniens ont pu expérimenter une purification salvatrice, lorsqu’ils ont été obligés de s’assoir l’un en face de l’autre et de réaliser et de vaincre ces injustices, oppressions et chicanes dégradantes continuelles.

 

« C’était bien d’écouter mes frères d’en face », avoua Rafi Shimon de Rehovot. « Nous n’avions peut-être pas beaucoup de choses à nous faire pardonner à titre personnel, parce que nous ne connaissions pas. Mais nous avons appris à nous pardonner lors de nos entretiens ». Cet homme a expérimenté cela comme un appel à aller plus loin. « Nous devons vivre cela de manière concrète, nous devons construire des relations avec d’autres, nous ne devons pas nous limiter à notre entourage proche, notre rôle est d’en parler partout !  Nous devons aller de l’avant. »

 

Le dernier soir, nous étions tous là pour la Sainte Cène. Les jeunes ont partagé le pain et le vin et l’ont donné aux adultes. Ce saint repas partagé par les juifs et les palestiniens ne fut pas seulement le signe d’appartenance au Seigneur, mais aussi le préalable incontournable à toute communion fraternelle.

 

La réconciliation est le terrain fertile qui permet le pardon, la tolérance est nourrie de la connaissance de la souffrance de son prochain. Pour pouvoir vaincre les anciens préjugés, nous devons arriver à un nouveau type de préjugé : le préjugé de pouvoir aimer l’autre dont nous n’avons jamais vu le visage auparavant, dont nous apprenons à peine le nom et dont nous découvrons l’histoire.

 

 

Représentation de l’histoire des Juifs et des Palestiniens

De Jonathan McRay

A chaque fête de la Pâque, les Juifs se souviennent de la libération de l’esclavage subie en Egypte. Ils racontent comment chaque génération a vu apparaître un homme qui voulait détruire le peuple d’Israël. Mais Dieu les a libérés, et au bout de 2000 ans, les a ramenés dans le Pays Promis, comme il l’avait déjà fait dans le passé.

Chaque année, au mois de mai, les Palestiniens se souviennent d’un autre exode, pas d’une libération mais d’une expulsion quand ils ont été chassés d’un pays dans lequel ils habitaient et où ils avaient leurs racines historiques et religieuses. Toujours à nouveau, les Palestiniens nous rappellent leur présence ancestrale dans ce pays, malgré la présence des Croisés, des Ottomans jusqu’aux Israéliens. « Nous sommes toujours persécutés, et nous n’en sommes nullement responsables ».

 

Les Israéliens et les Palestiniens ont leur perception propre de la persécution, en regard de leur passé historique respectif. Les 4 et5 octobre 2009, dans le cadre du travail de suite de la conférence, 28 jeunes Israéliens et Palestiniens se sont retrouvés et ont raconté et analysé leur histoire selon leur point de vue. Ce fut un essai, qui se révéla être un des moments des plus profonds et des plus intenses.

Le cadre fixé pour ces deux journées par Salim Munayer a été la compréhension de l’histoire. Ainsi cette histoire peut être de la propagande. On y retrouve le passé du peuple, mais aussi une vision de l’avenir et met ainsi en lumière son identité. L’Histoire et les histoires apportent un sens et la guérison, si elles restent ouvertes à de nouvelles perspectives. Mais cette compréhension de l’Histoire peut être faussée, ce qui est souvent le cas, pour justifier une guerre et revendiquer une exclusivité.  Car l’Histoire n’est pas un concept avec une vérité unique, mais c’est bien plus la résultante d’un tas histoires entrelacées et quelques fois contradictoires.

Chaque histoire a au moins 2 facettes, ce qui n’est pas très différent pour l’Histoire. Une histoire est toujours racontée par quelqu’un au travers de sa propre compréhension selon son point de vue personnel. Une version équilibrée peut être trouvée si cette même histoire est présentée par une deuxième personne, les deux récits se complèteront alors.

 

Ce fut un grand défi de présenter l’Histoire aussi bien par les Israéliens que par les Palestiniens. Notre objectif était que chaque communauté présente cette Histoire et reste ensuite ouverte à l’analyse réciproque et à la critique. Deux Israéliens ont présenté le point de vue israélien, l’histoire du peuple juif. Ils ont commencé par leur histoire telle qu’elle est présentée dans les Ecritures, ils ont parlé de l’exil et la vie dans la Diaspora dans les pays étrangers et de leur aspiration à rentrer dans le Pays Promis. Ils ont parlé de l’Holocauste qui a conduit à la création de l’Etat d’Israël. A la fin de leur exposé ils ont ouvertement et honnêtement remis en cause quelques hypothèses fondamentales : la terre d’Israël était un désert inhabité, seuls les Juifs recherchent la paix, ou bien encore qu’il n’y a jamais eu de peuple palestinien.

 

Salim, à son tour, avec passion a présenté l’Histoire selon le point de vue palestinien, expliqua le lien profond de son peuple à sa terre, la douleur de l’expulsion lors de la Nakba.  Ce terme est le mot arabe pour « catastrophe », et désigne l’expulsion des Palestiniens durant la guerre en 1948. Il a aussi été question du profond désir pour les Palestiniens de posséder leur pays et de la souffrance infligée par l’occupation israélienne.

Il raconta comment son père enterra les cadavres de ceux qui ont été tués par des extrémistes juifs pendant la Nakba. Il mit aussi en doute l’avis communément répandu dans la société palestinienne selon lequel les Juifs n’avaient aucun lien religieux ou historique à la Terre Sainte, et déplorait le manque de compréhension de la souffrance des Juifs, particulièrement en ce qui concerne l’Holocauste.

 

Beaucoup ont une compréhension binaire du conflit : ils pensent que leur douleur devient illégitime s’ils reconnaissent la souffrance des autres. Les exposés et la critique ont conduit à des discussions animées sur des sujets délicats. Cela nous a conduits à approfondir notre analyse de l’Histoire.

 

Le dernier module a entièrement été consacré à la réflexion et au dialogue. Ce dialogue a été animé par Evan Thomas. Beaucoup se sont sentis visés, les exposés ont été pénibles à entendre et plusieurs participants ont été blessés ou frustrés. Cette conférence a montré combien il est important de distinguer la réconciliation entre des individus de la réconciliation entre des groupes : ici, nous nous sommes retrouvés, mais demain, nous nous retrouverons dans notre camp et les rapports de force ne seront plus les mêmes. C’est seulement dans la mesure où notre compréhension de l’histoire a été imprégnée par l’histoire des autres que nous pouvons entrevoir la réconciliation, tant au niveau individuel que collectif.

 

Un participant palestinien a été particulièrement touché par l’antagonisme des deux points de vue : « Quelques fois, quand j’assistais à la présentation de l’histoire juive par des juifs, j’étais là, les dents serrées, et pensais : cela ne peut pas en être ainsi ! Puis, lorsque des Palestiniens présentaient leur histoire, je voyais des Israéliens faire de même. Je pense que si on met  des juifs et des palestiniens, rencontrés dans la rue, ensemble et qu’on leur présente ainsi l’Histoire, les pierres ne tardent pas à voler. »

 

« Talitha Kumi » en langue araméenne veut dire : « Jeune fille, lève-toi ! » On trouve ce récit dans l’évangile de Marc, lorsque Jésus a ressuscité la fille de Jaïrus. Les enfants de Dieu, qui aiment leurs ennemis, doivent entendre cet ordre soufflé à leur oreille, cet appel à la justice et à la paix, cet appel à la vie et au réveil. Précisément lors de discussions animées au sujet de notre identité, nous devons nous souvenir que nous devons d’abord perdre notre identité avant d’en retrouver une nouvelle. Nous sommes venus à cette conférence parce que nous sommes conscients de la nécessité d’un renouveau de la compréhension de notre Histoire. Cette Histoire est celle d’un royaume, d’un chemin qui y mène, d’un festin, d’un royaume ou il n’y aura plus ni homme ni femme, ni pauvre, ni riche, ni Palestinien ni Israélien.

 

 

Constructeurs de ponts

De Nussi Khalil, coordinateur de l’œuvre parmi les jeunes adultes

Un groupe de jeunes adultes, 10 Norvégiens, 10 Israéliens et 10 Palestiniens sont partis, à la fin de l’été, en Norvège pour y commencer leur chemin de réconciliation. Ces constructeurs de pont commencèrent leur séjour par 3 jours de camping à Steilene, une île dans le fjord d’Oslo. Ils furent présentés les uns aux autres, et leur rencontre commença par le montage des tentes, puis plus tard leur démontage, sous la pluie. Dès le départ on leur proposa des activités d’équipe, de communication adaptée à leur culture, de la formation au sujet de la réconciliation, des jeux, des discussions, la prière et aussi des cultes.

 

Nous avons poursuivi le voyage en allant en montagne, à Valdres. Au programme : des exposés sur la peur, le pardon et la force. Durant les veillées nous avons beaucoup appris sur le passé des uns et des autres. Les Israéliens nous ont décrit comment c’était quand ils sont arrivés dans le pays. Les Palestiniens ont joué un mariage, les Norvégiens ont revêtu leurs costumes traditionnels, ont présenté de la musique locale et des jeux.  Nous avons également fait des jeux de rôle, appelés « Le théâtre des opprimés »

 

Pendant ces jeux de rôle, les spectateurs commentaient ce qu’ils voyaient. Pour moi, comme pour d’autres participants, ce fut l’un des points culminants de ce séjour, parce que nous avons pu suivre comment certaines situations ont pu apparaitre et d’en voir les résultats. Nous avons pu nous mettre à la place de ceux qui oppriment ainsi qu’à la place des victimes, et mieux comprendre ce qu’on peut ressentir dans chacun de ces rôles. C’est là que j’ai compris beaucoup de choses, ainsi je peux considérer ces situations difficiles avec du recul comme jamais je n’aurai pensé pouvoir le faire auparavant.

 

Durant le reste du séjour, nous avons visité plusieurs familles à Oslo, nous leur avons parlé de nos expériences. Ce voyage fut une grande bénédiction pour nous, ce fut une grâce de pouvoir partager nos ressentiments et d’en parler avec d’autres. Je suis heureux d’avoir appris à connaître « le théâtre des opprimés ». Nous y avons approfondi notre connaissance mutuelle, ce qui est si important pour nous, « les constructeurs de ponts ». J’espère pouvoir organiser encore d’autres séjours comme celui-ci, et je souhaite qu’il y aura également autant de résultats positifs.

 

Ce voyage fut organisé et soutenu par les œuvres Musalaha, la Société Biblique Palestinienne, le Centre Caspari, le Service Norvégien à Israël et l’Eglise Luthérienne Libre de Norvège.

 

 

Du changement dans la famille Munayers !

- Musalaha fut fondé il y a 20 ans, l’année de naissance de Jack.

- Au cours des années qui ont suivi, la famille a grandi avec l’arrivée de John, et de Sam.

- Jack pourrait étudier en Angleterre, mais il a choisi une période d’études d’arabe en Jordanie. Daniel ira encore une année à l’école. John et Sam sont tous deux des champions de natation dans leur classe d’âge. Salim enseigne toujours à l’Ecole Biblique de Bethlehem et dirige l’oeuvre de Musalaha. Kay est bien occupée avec ses garçons et s’investit aussi dans des oeuvres de bienfaisance.

 

 

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